Cérémonies

La semaine qui vient de s’écouler était semaine festive le « lie la tatomdjap » pour toute la nation Baham.

Il faut a ce moment que je vous fasse un petit point historique et contextuel, pour que vous puissiez bien comprendre car tout est lié sur la semaine marathon de cérémonies pour le centre et que j’ai vécu.

Histoire du Tatomdjap

Tout commence dans les années 1940, quand le roi des Baham, ah oui pardon vous n’êtes pas au courant qu’il y a un roi ici.
Je reprends encore plus loin alors.

Baham est un village du Cameroun de la région de l’Ouest département des Hauts plateaux, chef lieu d’arrondissement, mais c’est aussi et surtout une royauté. De façon traditionnelle, il y’a un chef de village qui est aujourd’hui un auxilliaire de l’administration et qui gère la justice populaire, et qui a un rôle de représentation mais aussi, il est avec les notables du village le gestionnaire du royaume.

Donc maintenant que vous savez qu’il y a un roi et que je vis dans un royaume, je vais vous expliquer pourquoi il y’avait fête cette semaine à Baham.

Dans les années 1940, donc, je vous disais, une famine s’abat sur le royaume, le roi d’alors part dans le cameroun à la recherche d’une solution. Et apres quelques temps (je n’ai pas toutes les explications et les détails et c’est ce que j’ai compris), il revient à Baham avec la Tatomdjap.

Qu’est ce que c’est allez vous me dire, je vais vous le dire tout de suite.
La tatomdjap est une plante qui est miraculeuse pour Baham, c’est une plante qui pousse sans beaucoup d’eau, sans beaucoup d’entretien et dont toutes les parties (fleurs, feuilles racines, fruits), sont comestibles et peuvent être cuisinées. Grâce à cette plante, le royaume a pu enfin développer une autosuffisance alimentaire, et vaincre la famine.

Le roi d’alors a pris le nom de Tatomdjap, et c’est en son hommage que se déroule le festival.

Création du festival

En 2003, le roi actuel, Max Pokam II, décide de rendre hommage à son grand père Tatomdjap en créant un festival culturel qui rassemble tous les Bahams. Et qui est l’occasion pour tous de se retrouver, de danser. C’est l’occasion de présenter certaines danses très exclusives.

Nous en sommes cette année à la 3e édition, le festival a lieu tous les deux à trois ans (en fait 4 à 5 d’après mes calculs).

Ce festival est un rassemblement des Bahams. Tous les Bahams expatriés viennent sur place. Pour l’appartenance au peuple Baham, il suffit que ses aieuls en soient et qu’il puisse être envisagé d’être enterré dans une maison dans le village. Certains n’y ont pas encore mis les pieds. Parler le ghomala est un plus (je tente de m’y mettre mais l’alphabet est spécifique, et il y’a 4 intonations par voyelles…).

Pendant une semaine car les choses sont faîtes en grand, vont se succéder, je vais vous donner quelques détails supplémentaires.

Je n’ai pas pu assister à tout à cause de la multiciplité des lieux, et du travail demandé par le centre.

Mon vécu de Tatomdjap

A la fin du festival, ce qu’il me reste, c’est des couleurs, couleurs des tenues des gens variées au début du festival, un peu moins à la fin quand tout le monde portait les habits confectionnés dans le tissu officiel, ce sont les couleurs des chapeaux des danseurs, qui montre jour après jours qui sont les danseurs, (femmes du chef, notables pour celles auxquelles j’ai assisté), je retiens aussi beaucoup de musique de la percussion traditionnelle accompagnant les danses, mais aussi des fanfares de cuivres, le son des gens qui passent, les « hamgaka » (comment ça va). Mais aussi le bruit de la foule quand le roi va apparaître, les cris des gens quand quelqu’un d’important ce montre avec l’impression de vivre une scene de foule dans asterix et obélix. (C’est le roi mais non, c’est celui de Bafang, je te dis que c’est le roi, et vous vous dites Baham ?)

Quand je repesne au festival, je ressens l’emotion vécue pendant la célébration oecuménique où pasteurE, prêtre, imam étaient présents ensemble sur scène pour bénir la foule, pris surtout par l’émotion de mes jeunes qui connaissent les prières rituelles chrétiennes en français et celles musulmanes en arabes et qui peuvent déclamer les deux.
Je retiens les moments d’attente du chaland, tenant un stand de l’association pour présenter les objets crées par les pensionnaires, lorsque nous avions choisi le mauvais endroit, pour poser nos affaires. Mais plutot que de prendre ça comme une difficulté, ce fût le moment de découvrir un peu plus les jeunes de discuter, de comprendre la fête, d’apprendre de nouveaux jeux de cartes, de donner des cours de photo.

Et puis je revois toutes ces coiffes, de plumes, de cori (coquillages), de laine ou de tissu. Et enfin aussi la rencontre de beaucoup de personnes, qui viennent saluer, qui connaissent le centre, de nom ou qui en sont des parrains, plus ou moins éloignés.
Cette fête qui rescence comme je l’ai dit, toutes les diasporas Baham à travers le monde. Et c’est donc l’occasion pour tous ces gens d’officialiser leur aide ou de commencer leur soutien.
Et c’est donc pour cela qu’en plus du festival nous avons participés en tant qu’invité à bon nombre de cérémonies.

Cérémonies liées

Cet article étant déjà assez long, je vais juste citer ce qui m’a permis de passer du temps avec le Roi le préfet, d’autres autorités administratives et politiques.

Tout d’abord un baham qui vit en Allemagne le Dr Nguemto a crée une association là bas médecins aide et ont financé les batiments d’alphabétisation de l’association. La tenue de ce festival a fait rentrer le docteur qui a emmené une partie de l’association et nous avons donc inauguré en grande pompe (roi, préfet sous préfét, etc) le batiment. Nous noterons que dans l’organisation camerounaise le préfet est arrivé avec deux heures de retard sur le programme prévu et nous l’avons attendu, quitte à faire sauter quelques discours ensuite.

Les différentes diasporas qui connaissent le centre sont aussi venus saluer, et remettre un don et nous avons comme cela plusieurs fois dans la semaine accueilli des expatriés qui sont en lien avec l’association. Toutes ses rencontres sont l’occasion de petites cérémonies avec chants et prises de paroles des intéressés, et cela rajoute aux activités.

Parmi ces expatriés, la diaspora française qui a organisé un gala de charité pour le centre, auquel nous sommes conviés (je dis nous, les volontaires la direction et quelques jeunes). Une table de 10 est réservée nous arrivons à 12 pas de problème on colle deux tables, puis une panne de courant nous surprend avant le début du repas, la soirée prévue pour commencer à 21h ne démarre en fait qu’à 23h15 mais tout se déroule normalement, discours, chant danse, et c’est une très bonne soirée. Cela me fait un peu bizarre d’être invité à un gala de charité, mais il faut de tout. Prise de contact avec les Bahams de France.

Les bahams de France réussissent même à faire se déplacer la députée de la région qui promet donc un don supplémentaire.

Enfin dernières cérémonies qui ne sont pas en lien avec le festival mais que nous avons vécu cette semaine.
La journée internationale des personnes handicapées avec une causerie éducative, un échange avec l’assemblée (composée exclusivement de pensionnaires), sur que fait l’état et que s’engage t il à faire. Et lundi journée du volontariat, discours, autour de la jeunesse de ce pays. Je note seulement dans ces deux dernières cérémonies la place de la religion, bien présente. La laïcité ici se vit de façon apaisée. Pour la journée des volontaires, l’imam présent a béni la cérémonie avant que la délégué à la jeunesse et l’éducation civique ne se base sur la Bible pour son discours.

Enfin voilà fin des cérémonies, retour au travail quotidien champ épisode 2, et alphabétisation.

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10 Commentaires

  1. Super intéressant. Une vraie plongée au cœur du quotidien.

    1. merci, mais ce n’est pas vraiment du quotidien, c’était vraiment exceptionnel…
      quand tu viendras il n’y auras pas ça

  2. eh beh, c’est riche en émotion. En tout cas, tu vis des choses extraordinaires et tu nous fait voyager.
    sinon j’espère que tu te portes bien 🙂

    bises

    1. tout va bien,
      oui plein d’emotions de découvertes, je pense bien à vous quand je suis sur un lieu, car des fois, la volonté de vivre l’instant inciterait à lacher l’appareil photo.

  3. pour le bien être de notre JoJo, le commentaire tant attendu « lu »:-)

    1. merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

  4. super !!! as tu rencontré la reine blanche ? des bises

    1. non pas rencontré qui est elle?

  5. Je me suis régalée de tous les commentaires. C’est joyeux et folklorique !
    Tu fais partie des « huiles » ! J’espère que tu avais mis un habit de fête……..
    Grosses bises . Dorothé

    1. c’est ça je fais parties des huilles,
      pas de souci pour le gala je portais la chemise et les pointues nini,

      bises à vous

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